Commémoration de la victoire de 1918 et hommage à tous les morts pour la France des conflits anciens ou actuels

La communauté française de Namibie s’est réunie à l’ambassade de France mercredi 11 novembre pour la commémoration de la victoire de 1918. Un hommage a également été rendu à tous les morts pour la France des conflits anciens ou actuels, comme le prévoit la loi du 28 février 2012.

Discours de l’ambassadeur de France en Namibie M. Sébastien Minot :

[sonnerie du cessez-le-feu]

Cette sonnerie du cessez-le-feu est celle qui a retenti le 11 novembre 1918 à 11 heures. C’est celle que n’ont pas pu entendre ceux qui étaient tombés, dont les 1 400 000 morts pour la France. C’est aussi celle que n’ont pas pu entendre ceux qui sont morts dans d’autres guerres avant que le feu ne cesse. Car en ce 11 novembre nous commémorons tous les morts pour la France.

Pensons ce soir aux jeunes tués, hommes du rang, sous-officiers, officiers, tombés récemment ou moins récemment dans les opérations extérieures : pensons au théâtre sahélien (Mali, Niger, Burkina Faso) ; pensons à l’Afghanistan, à la Côte d’Ivoire, à l’ex-Yougoslavie, au Liban ; plus loin, pensons à l’Algérie, à l’Indochine, à la guerre de Corée.

Pensons aussi, bien sûr, à la guerre de 1940 et aux combats qui ont finalement conduit à la Libération, de Bir Hakeim à l’Alsace. Je veux nommer ici Pierre Simonet, compagnon de la Libération, mort il y a six jours, le 5 novembre. Il reste désormais deux compagnons de la Libération vivants sur 1038 : Hubert Germain et Daniel Cordier, nés l’un et l’autre en août 1920. Et je veux aussi, bien sûr, nommer leur chef, le chef de la France libre, le général de Gaulle, mort il y a 50 ans et deux jours.

Mais aujourd’hui nous commémorons d’abord la Victoire de 1918. Deux ans plus tard, le 11 novembre 1920, il y a cent ans jour pour jour, le corps du soldat inconnu était déposé à l’Arc de Triomphe, après être arrivé de Verdun via le Panthéon. Ce soir, un autre poilu, qui a survécu, entre au Panthéon : Maurice Genevoix. Il a livré des récits précieux sur l’expérience de Verdun et sur toute la guerre, parus sous le titre Ceux de 14.

Ce soir c’est un autre poilu que je veux citer, tombé le 5 septembre 1914, à Villeroy, près de Meaux, à 41 ans : Charles Péguy, lieutenant de réserve. Un an plus tôt, en 1913, il avait publié Eve, dont je vais citer 12 vers, après quoi retentira la sonnerie Aux Morts, suivie d’une minute de silence puis de La Marseillaise.

« Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle,
Mais pourvu que ce fût dans une juste guerre.
Heureux ceux qui sont morts pour quatre coins de terre.
Heureux ceux qui sont morts d’une mort solennelle.
Heureux ceux qui sont morts dans les grandes batailles.
Couchés dessus le sol à la face de Dieu.
Heureux ceux qui sont morts sur un dernier haut lieu
Parmi tout l’appareil des grandes funérailles. (…)
Heureux ceux qui sont morts car ils sont retournés
Dans la première argile et la première terre.
Heureux ceux qui sont morts dans une juste guerre
Heureux les épis mûrs et les blés moissonnés. »

[sonnerie Aux Morts]
[Minute de silence]
[Hymne national]

Dernière mise à jour le : 12 novembre 2020